Mise en garde de l'ADF - Attention aux Bars à sourire ! blanchiment des dents

A raison de cinq ou six ouvertures par semaine, la France comptera d'ici un an plus de 1000 "bars à sourire"... Alertés par les médias sur ce qui pourrait, à terme, devenir un véritable problème de santé publique, vos patients commence à vous interroger sur la question. Absence de contrôle médical, produits "douteux" et applications répétées, voici de quoi les mettre en garde tout en leur expliquant comment ces vendeurs de promesses attaquent leur capital dentaire.

Trois arguments pour alerter vos patients

Les retours de vos patients en témoignent: chez Smile & Go, Magicsmile ou Sourire Institute... la promesse est à la hauteur du prix. Pour 79 €, on leur garantit, en une ou deux séances, un sourire de star. Rien d’étonnant à ce que certains, amateurs de solutions faciles et immédiates, se bousculent au portillon et y prennent goût. D’autant que pour être rentables, il faut à ces boutiques au moins trente sourires par jour. Alors elles cassent les prix, emploient du personnel non qualifié et font du buzz, histoire de gonfler leurs rentrées, au prix de la santé de vos patients. Car se faire blanchir les dents est loin d’être aussi anodin que se faire poser des ongles ou décolorer les cheveux. Et ce, pour trois raisons.

 

AUCUN CONTRÔLE MÉDICAL

La première tient à l’absence d’intervention médicale avant, pendant et après l’acte, en partie effectué par le client lui-même, sous l’oeil plus ou moins vigilant d’une hôtesse sans aucune formation dentaire. Résultat : si carie ou obturation défaillante il y a, le peroxyde pénètre dans la dent et attaque les parties molles. Autre point inquiétant, la gencive n’est pas protégée durant le « soin » et, une fois le blanchiment effectué, aucune couche fluorée n’est appliquée.

 

UNE COMPOSITION INCERTAINE

Deuxième hic : le produit lui-même, du perborate de soude, substance classée CMR (cancérogène, mutagène ou toxique
pour la reproduction), activé en peroxyde par un gel dont on a du mal à connaître la composition exacte. Un peroxyde dont le taux, selon la législation, ne doit pas dépasser 0,1 %. En pratique et compte tenu du résultat obtenu par certaines enseignes, il doit aller bien au-delà et, dans ce cas, est en infraction avec la  législation actuelle.

 

UN CERCLE VICIEUX

Enfin, le troisième problème posé par ces bars tient au besoin puis à l’engouement qu’ils créent de toutes pièces. La plupart des clients sont en effet plutôt jeunes et n’ont généralement aucune raison de se faire blanchir les dents. Mais une fois qu’ils y ont pris goût, ils peuvent y retourner jusqu’à plusieurs fois par an. Car plus on décolore, plus on doit décolorer. L’émail s’altère à chaque fois davantage, ce qui a pour effet de le rendre plus sensible aux pigments du thé, du café, du tabac ou des épices. Le cercle censé être vertueux devient vicieux et le capital dentaire se délite. Autant de dérives inimaginables dans nos cabinets où le blanchiment fait l’objet d’un protocole rigoureux, d’un suivi médical mais surtout d’un véritable conseil. À nous d’ouvrir les yeux à nos patients sur les risques qu’ils encourent à s’adresser à ces vendeurs de promesses, tout en aidant ceux qui en ont vraiment besoin à retrouver le sourire.

ADF INFOS N°31

  • Article tiré de la page 12.
  • Directeurs de la publication : Patrick Hescot, Joël Trouillet. Ont participé à ce numéro : Martine Bonnaure-Mallet, Denis Bourgeois, Florian Laurent, Luc Lecerf, Philippe Rocher, Jean-François Seret. Crédits photos : Corbis, Fotolia. Conception et réalisation : Lowe Stratéus. ADF : 7 rue Mariotte, 75017 Paris. Tél. : 01 58 22 17 10. Fax : 01 58 22 17 40. E-mail : adf@adf.asso.fr. Site Internet : www.adf.asso.fr

Article rédigé par le praticien le 02/10/2012